Craftmanship in Peru by Roman Jehanno

Roman Jehanno tire le portrait des artisans à travers le monde. Après sa série sur le Japon, il nous propose de découvrir ces travailleurs traditionnels au Pérou. Plus que les paysages époustouflants, ces sont les gens qui intéressent ce photographe parisien. Dans ses séries il valorise les personnes qui ont croisé sa route. Plus particulièrement, les artisans locaux, trésoriers de traditions millénaires représentatives de leur culture.

« Ce travail m’a conduit dans les boutiques d’artisanat et les lieux de travail les plus incroyables, où j’ai rencontré les artisans, artistes et travailleurs du Pérou. De Lima au désert de Paracas en passant par Ayacucho, Cuzco, Patacancha, Ica, Nazca et Puno, tous ces gens perpétuent un savoir ancestral souvent utilisé bien avant l’arrivée des Espagnols dans ces terres » explique le photographe. Découvrons donc ensemble les incroyables personnages rencontrés par ce globe-trotter invétéré.

Rocky est pêcheur de coquilles St Jacques. Cette pêche peut se pratiquer aussi bien en apné qu’en aide respiratoire sommaire, un compresseur dans une barque envoie de l’air dans un tuyeau tenu en bouche par le plongeur. Avec tout le danger que comporte cette pêche, Rocky travaille isolé dans un petit village de pêcheur à 2h de piste désertique de la première route goudronnée.

Teodosia Hyatta Quispe 41 ans, Tisserande de Taquiler

Récolteur d’Algues, Désert de Paracas

Alejandro Flores, 66 ans musicien reconnu et tisserand de Taquile a appris à travailler le métier à tisser avec ses parents. Cet héritage culturel perdure à 4200m au dessus du niveau de la mer, sur le lac Titicaca depuis des générations.

« Marcial Berrocal Evanan est né dans la ville traditionnelle de Sarhua à 3h de route au sur d’Ayacucho. Ses très grandes Tablas Coloridas décorrent l’intérieur des toits des maisons de la ville.
Originellement les Tablas étaient confectionné par un artiste du village en offrande à une famille lorsque celle ci emménageait dans un nouveau foyer. Les tablas retraçaient moments de vies, coutumes de la communauté et anecdotes personnalisées.
Après les violences socio-politiques du Sentier Lumineux, les Sarhuinos ont commencé à réduire la taille des Tablas pour les commercialiser à Lima.
Le ministère de la Culture du P2rou a reconnu cet art comme Patrimoine Culturel de la Nation.

Saturnino est mineur dans la région d’Arequipa, pour tailler une de ces pierres qui servira à la construction ou la restauration des batiments prestigieux d’Arequipa il lui faut environ 1h de travail manuel. Chaque pierre est ensuite vendue à des entreprises à 5 soles la pierre ( environ 1€) Sur une bonne journée de travail Saturnino peut tailler jusqu’à 12 pierres. Aujourd’hui Saturnino partage son activité entre la taille de pierre et la prise en charge de touriste à qui il expilique le processus en place dans cette carrière.

Antonio Licona Tarco, 82 ans a d’abord eu une longue carrière dans le bâtiment. il a ensuite rejoint la boulangerie de la famille de sa femme où il travaille depuis lors. La grand mère de sa femme faisait du pain dans la ville d’Oropesa, à l’époque les fours étaient tous mutualisés au centre du village, maintenant chaque boulangerie a son propre four à Pain. Le four peut contenir une cinquantaine de pains à chaque fournée, un feu brule en permanence dans le coin gauche de l’alcove, un petit ventilateur à l’entrée du four attise les braise en continue, mais le travail du boulanger ne peut se faire correctement que s’il surveille, à l’œil la température du four. L’arrivée d’eau de leur maison-atelier passe dans le four, ce qui leur permet d’avoir accès à une eau chaude. Antonio travaille tous les matins à partir de 3h en compagnie de son petit fils. Ils petit-déjeune de leur propre pain accompagné d’un Maté de Quinoa.

La communauté de Quelqanka dans les Andes Péruviennes est un peuple d’eleveurs de lamas et d’Alpagas, lorsqu’un jeune lama est incorporé au troupeau ils marient celui-ci avec un autre bestiau du groupe, lors de cette cérémonie deux personnes, sortes de parains du nouvel arrivant dansent et font des offrandes à la Patchamama ( la mère terre) afin de lier ces deux bêtes. On leur attribut des brins de laine colorées qui leur seront fixés aux oreilles afin de pouvoir les distingués, une fois remis en liberté dans les paturages Andins.