New Visual Identity : Hugo Boss at the Vendée Globe 2020

Pour la 9ème édition du Vendée Globe, ce tour du monde en solitaire sans escale, Hugo Boss prendra le départ de la course avec un tout nouveau bateau IMOCA 60. C’est le skipper Alex Thomson, partenaire d’Hugo Boss depuis 2003, qui va tenter de remporter la course à bord de ce voilier innovant. Afin de développer l’identité visuel du bateau, Hugo Boss a fait appel au designer industriel Karim Rashid. Les motifs, la mise en avant du carbone et l’utilisation inédite de la couleur rose fluo représentent des initiatives du designer saluées par Hugo Boss et l’équipe d’Alex Thomson Racing.

Pour l’occasion sur Fubiz, voici une Interview exclusive avec Karim Rashid, designer de l’identité visuelle du nouveau voilier Hugo Boss :

Fubiz : Pouvez-vous vous décrire ainsi que votre carrière de designer ?

Karim : Je trouve toujours un peu vantard de parler de soi, je préfère que les autres décrivent ma carrière. Je design maintenant depuis 37/38 ans. Ma carrière a vraiment débuté avec ma licence au Canada suivie de mon master en Italie. J’ai travaillé à Milan pendant une courte période puis je suis retourné au Canada pour ensuite déménager à New York. Il y a environ 27 ans, j’ai ouvert mon propre cabinet à New York après avoir travaillé avec quelques autres entreprises. Je suis tellement passionné par le design et j’ai toujours pensé que c’était un tel catalyseur pour une vie meilleure, pour de meilleures expériences humaines, pour l’évolution de l’humanité.

J’ai étudié le design industriel mais autours de l’année 1999 j’ai obtenu mon premier projet d’intérieur. J’étais très nerveux et effrayé parce que je n’avais jamais travaillé l’espace intérieur. J’ai réussi après cela à obtenir un restaurant à Philadelphie qui a eu beaucoup de succès et remporté de nombreux prix. J’ai ensuite eu la chance, en 2001, d’obtenir un hôtel à Athènes en Grèce appelé Semiramis. C’est ce qui a lancé ma carrière dans le design d’intérieur et inévitablement dans l’architecture. J’ai ainsi commencé à façonner ma trajectoire et c’était intéressant de venir du design industriel parce que ce que j’ai réalisé que quand on commence sur des éléments petits, il est plus facile de travailler grand que l’inverse.

En tant que personne, je suis très perfectionniste ce qui signifie parfois vivre avec beaucoup d’insatisfaction et de frustration. Mais au fil des années, j’ai appris à devenir un peu plus facile disons, à supporter, accepter. J’ai l’air très extravagant à l’extérieur, mais à l’intérieur je suis une sorte de solitaire et je ne suis pas une personne très sociale. J’aime les gens, mais je n’ai pas cette volonté de sociabiliser tout le temps.

Parfois je regrette que dans la profession aujourd’hui il y ait moins d’innovations, moins d’idées et de variations. Quand je travaille, j’essaie toujours de réfléchir à mettre quelque chose sur le marché qui peut avoir un sens et qui apporte de la nouveauté. Parce que si ce n’est pas le cas, la grande question est : pourquoi et avons-nous besoin de plus dans ce monde ? Surtout maintenant nous devons être davantage responsables.

Qu’est-ce qui vous a amené à travailler avec Hugo Boss ?

C’était vraiment un honneur de faire ce projet. On n’a pas souvent la chance de travailler sur un bateau. Ce qui était bien à propos de ce bateau était la production car tout était nouveau. Je n’étais pas le seul à le concevoir mais je me suis impliqué dans le design afin de créer une image forte. Le tout était d’y trouver quelque chose d’original. C’était une belle opportunité pour moi de faire quelque chose que je n’avais jamais fait auparavant. Je connais très peu de choses sur la voile, donc j’avais besoin d’apprendre. Alex Thomson m’a beaucoup appris, il m’a guidé à travers le processus de ce qu’il vit durant 90 jours sur l’océan.

Comment avez-vous réussi à exprimer votre vision créative pour le bateau Hugo Boss ?

L’opportunité ici était de transmettre un sentiment de marque, une certaine façon graphique de différencier Hugo Boss et de rassembler tous les éléments ensemble. Hugo Boss est une entreprise qui crée des vêtements et des textiles alors j’ai pensé que les graphiques pourraient parler de tissage, et en même temps de vitesse, de course, de navigation. On a réussi à trouver un textile qui n’a jamais été utilisé sur une voile auparavant, un textile translucide. Quand nous avons photographié pour la première fois le bateau, nous étions à Londres et on pouvait voir le pont de Londres et le soleil passer à travers la voile. Cet aspect transparent était magnifique et créait une sensation de dynamisme.

On a découvert de nouvelles technologies, de nouveaux matériaux et de nouvelles manière de procéder. Par exemple, Le logo « Boss » a été fait à partir de fibre de carbone tandis qu’historiquement sur les bateaux à voile ils sont peints ou dessinés. Aussi, nous avons réduit le poids en ajoutant peu de peinture sur la coque afin que l’ensemble soit plus rapide, plus efficace.

Quelles ont été les difficultés et le succès de ce nouveau projet ?

Il y avait un groupe fantastique d’ingénieurs qui travaillait sur ce projet en Angleterre et la difficulté pour moi était de partager certaines idées que j’avais. Un des rôles importants du designer est d’attirer l’attention sur différentes idées et demander à ce qu’on étudie la possibilité de le faire afin d’être innovant.

L’une des principales difficultés, qui peut sembler superficielle, était la couleur rose que j’ai choisi. Le rose n’a jamais été utilisé dans ces courses et ce choix a été un peu controversé. Au-delà de cela, une fois la peinture rose validée, la difficulté était d’obtenir la bonne variation de roses. Le rose qui est sur ce bateau est ce que j’appelle un feu orange rose, il y a en effet beaucoup d’orange. Nous voulions ensuite peindre le mat du bateau avec cette couleur mais il a été tout d’abord difficile de trouver la même nuance et nous avons finalement découvert que cela ajoutait beaucoup trop de poids sur le bateau. Il a donc fallu retirer la peinture du mat. Il s’agissait principalement de problèmes techniques comme cela.

Avez-vous un autre projet à venir ?

Je travaille sur beaucoup de projets en ce moment notamment plusieurs hôtels à travers le monde et un hôpital à Tel Aviv en Israël. Je travaille également sur la conception d’une bouteille d’eau et d’un abribus en Corée. J’ai environ 10/11 projets en ce moment tandis qu’à la même époque l’année dernière, j’en avais 19. Aujourd’hui je choisis les projets que j’aime vraiment et qui apportent une contribution concrète au monde. Par exemple, je travaille pour une société qui a pour but de retirer tout le plastique de l’océan. Ce projet me tient à cœur car j’ai conçu beaucoup de produits en plastique au fil des années (bien que beaucoup d’entre eux étaient recyclables) et je pense que c’est important de nettoyer l’océan, de nettoyer l’environnement dont nous sommes responsables.

Retrouver l’univers du bateau HUGO BOSS ici.









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